Suivi AMPHIBIENS

Suivi AMPHIBIENS

Les amphibiens sont sensibles aux variations environnementales. Suivre sur le long terme les populations d’amphibiens en détectant la diminution ou l’augmentation de leurs effectifs en essayant de connaître les facteurs qui sont à l’origine de ces variations, permet d’avoir une meilleure vision de notre environnement et de mieux comprendre les changements globaux.

Alors qu’en Europe et en Amérique du Nord, les suivis d’amphibiens sont déjà établis depuis plusieurs années, aucun suivi n’avait encore été mis en place en Guyane française. C’est en 2011, que le premier suivi d’amphibiens a été mis en place grâce à un partenariat entre les Réserves naturelles et le CNRS.

Le suivi des dendrobates en vidéo ici:

Suivi des populations de Dendrobates tinctorius (méthode Capture-Marquage-Recapture)

Capture d'écran lors d'une comparaison de 2 photographies de dendrobates à identifier

Comparaison de 2 photographies de dendrobates

Ces dendrobates très colorés et endémiques des Guyanes sont faciles à détecter à vue et à capturer à la main. De plus, leur patron de coloration permet de les identifier individuellement, comme une empreinte digitale. Le principe de Capture, Marquage (prise photographique), Recapture (CMR) permet d’estimer le nombre d’individus d’une population donnée, puis d’étudier la démographie de cette population sur plusieurs années.

Les premiers résultats indiquent que les populations de D. tinctorius des stations Inselberg et Pararé compteraient respectivement 3 individus/100m2 et 6 individus/100m2.

Suivi des espèces de Dendrobatidae et Bufonidae, diurnes et de litière (méthode présence/absence)

Mosaïque de photos d'amphibiens diurnes et de litière © J. DevillechabrolleLes espèces choisies sont diurnes et terrestres. La plupart sont territoriales et chanteuses. Ainsi on peut détecter les individus à vue ou à l’oreille le long de transects.

Les données obtenues permettront des comparaisons entre les différents milieux prospectés. La zone des Nouragues, où l’impact de l’Homme est quasi nul, pourra aussi être comparée avec d’autres réserves naturelles ou avec des zones non protégées ou anthropisées.

Etude de l’évolution d’une maladie fongique appelée Chytride

Frottis cutané sur une dendrobate pour détecter la présence du champignon pathogène de la Chytride © J. DevillechabrolleCette infection est due à un champignon pathogène qui décime les populations d’amphibiens au niveau mondial en s’attaquant aux zones kératinisées des individus (becs cornés des têtards puis l’ensemble de la peau sur les adultes) en entrainant à terme la mort. Pour étudier l’évolution de la contamination de cette maladie en Guyane, chaque animal capturé lors des suivis d’abondance subit un échantillonnage cutané. Cela consiste simplement à passer un écouvillon (coton tige stérile) sur la peau de l’animal (ventre, dos, intérieur des cuisses, palmures). Les échantillons sont ensuite analysés au laboratoire pour savoir si l’animal échantillonné était infecté ou pas. Les animaux qui sont éventuellement retrouvés morts pendant les protocoles de suivis sont conservés puis envoyés en laboratoire pour autopsie. L’impact de l’infection fongique en Guyane n’est pas encore connu.