Suivi AMPHIBIENS

Suivi AMPHIBIENS

Les amphibiens, thermomètre de bonne santé de la forêt?

Les amphibiens, très sensibles aux variations environnementales, sont de véritables indicateurs du bon état d’un habitat. C’est pourquoi les réserves naturelles forestières de Guyane les étudient pour estimer leur nombre et leur bonne santé. Aux Nouragues, les populations d’amphibiens autour de la station de recherche (Pararé et Inselberg) sont ainsi suivies depuis 2011 ! Les populations de Dendrobates à tapirer sont suivies par capture-marquage-recapture ; chaque individu est capturé, photographié puis relâché in situ. Le patron de coloration est unique pour chaque individu, à l’instar de nos empreintes digitales, ce qui permet de reconnaitre chaque individu et de lui attribuer un numéro. Il est ainsi possible de retrouver le même individu d’année en année. L’analyse des données de recapture permettent d’estimer l’effectif (nombre) et la dynamique des populations (disparus, nouveaux arrivants…). Les amphibiens diurnes et de litière (Allobates femoralis, Anomaloglossus baeobatrachus, Ameeraga hahnelli, Atelopus flavescens, Rhinella margaritifera …) sont étudiés quant à eux par transects audio-visuels. C’est-à-dire que l’observateur (agent de la réserve) parcourt lentement une cinquantaine de chemins (layons) de 50 mètres chacun, chaque jour pendant 8 à 10 jours. Chaque chant entendu est comptabilisé. Seuls les mâles chanteurs seront entendus puisque les femelles ne chantent pas. L’analyse des données estime alors seulement le nombre d’individus mâles, ce qui est une estimation annuelle relative par rapport à l’année précédente. Chaque année ce protocole est assuré par deux agents de la réserve, à Pararé, ainsi qu’à l’Inselberg.

Mosaïque de photos d'amphibiens diurnes et de litière © J. Devillechabrolle

Les chiffres et estimations ainsi obtenus sont comparés entre les années pour dégager une tendance d’évolution des populations (augmentation, stabilité ou déclin).

Depuis 2012, plus de 7 000 données ont ainsi été recueillies. Toutefois, il faut attendre plusieurs années avant d’être capable de détecter une tendance. En 2017, une première analyse des 6 dernières années de suivi indique une potentielle diminution de la taille des populations d’amphibiens aux Nouragues… Cette tendance reste à confirmer dans les prochaines années, en intégrant mieux les biais de détection des amphibiens pour être au plus proche des chiffres de la réalité. Un réajustement de protocole du suivi des dendrobates est actuellement en test sur la réserve naturelle de Trésor.

Concernant la « bonne santé » des populations d’amphibiens, celles des Noruagues semblent peu atteintes par le champignon pathogène chytride. Cependant, les individus pourraient être de plus en plus sujets à l’infection à Pararé puisqu’entre 2015 et 2017, la prévalence augmente de 0, à 3 puis 5%. Aucune présence pathogène n’est détectée sur la population de l’inselberg.

Le suivi des dendrobates en vidéo ici:

(article actualisé en août 2018)